Le marché du cacao a connu une envolée sans précédent en 2024, avec des cours atteignant jusqu’à 12 000 USD la tonne sur les marchés à terme. Cette augmentation de 178 % en un an est liée à un fort déficit d’approvisionnement. Les conditions climatiques extrêmes, entre pluies abondantes et sécheresses prolongées, ont réduit la production mondiale de 14 %, passant de 4,9 à 4,2 millions de tonnes.
Les facteurs climatiques et leurs impacts
Le dérèglement climatique, amplifié par El Niño, a fragilisé les plantations. Les maladies fongiques, comme la pourriture brune, ont proliféré. L’âge avancé des cacaoyers et l’insuffisance des investissements dans des variétés résistantes aggravent la situation. La prochaine campagne pourrait bénéficier de meilleures conditions météorologiques, sous réserve que La Niña n’accentue pas la propagation de nouvelles maladies.
Le rôle de la spéculation
Les investissements spéculatifs ont contribué à la flambée des prix. En 2024, les fonds d’investissement ont injecté plus de 8 milliards USD dans les marchés à terme. La perspective d’un déficit durable a renforcé les positions longues. Toutefois, une baisse de près de 8 % a été enregistrée mi-2025, en raison d’une amélioration partielle des perspectives de production.
Les défis pour les producteurs
Malgré la hausse des cours mondiaux, les producteurs ne perçoivent pas toujours les bénéfices attendus. La contractualisation anticipée de la récolte limite les gains. Le prix garanti au producteur, bien qu’en légère hausse, reste éloigné des niveaux boursiers. Le manque d’équipements, la vétusté des exploitations et l’accès difficile au financement freinent leur rentabilité.
Une transformation locale émergente
Face à la volatilité du marché, des investissements ont été engagés dans la transformation locale. Plusieurs unités de broyage ont vu le jour ces dernières années. Cependant, les baisses de rendement pèsent sur l’approvisionnement. Cette stratégie, visant à créer davantage de valeur ajoutée localement, pourrait à terme renforcer la résilience de la filière.
Les tendances de consommation
La demande mondiale reste soutenue malgré une baisse temporaire de 5 %. Les consommateurs privilégient des produits issus de cultures durables et équitables, favorisant les variétés nobles. Des marques introduisent des emballages écoresponsables et intègrent le cacao dans les cosmétiques ou les boissons. Cette évolution soutient la croissance globale du marché.
Les perspectives pour 2025
Les projections indiquent une baisse potentielle de 13 % des prix, en lien avec une amélioration de la production. Des conditions climatiques plus favorables pourraient relancer les rendements. Toutefois, les risques liés aux maladies et au retour de phénomènes climatiques extrêmes demeurent. Les certifications équitables et les pratiques durables gagnent du terrain dans un effort de sécurisation des revenus producteurs.
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Le cacao reste au cœur d’un marché sous tension. Tandis que les cours profitent aux intermédiaires et transformateurs, les producteurs demeurent en marge. La transformation locale et les labels durables offrent des pistes prometteuses pour une chaîne de valeur plus juste et résiliente, à condition de surmonter les obstacles climatiques et structurels.
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